designers de bijoux
jewelry designers

Ce répertoire a pour but d'exposer et de faire connaitre à un
plus large public, des designers de bijou talentueux, nous
selectionnons ces designers selon la recherche et le caractère
innovant de leur travail.


sarah troper
vincent marolf expo permanente dans la galerie cbijoux Lausanne


Cédric Chevalley alias cbijoux, créateur de la bague mood


Agi Mezosi alias perlipop expose ses créations actuellement à la galerie cbijoux, Lausanne
(texte en bas de page)

Marie-Lise Gasser alias eclat de lieu


Phillipe Bergeon


Fransiska Venrath
créatrice de bijoux suisse allemande

miguel (sandy et joah)


Stephanie Dingel
(allemagne)

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PERLIPOP · Ági Mezösi, Valaisanne de coeur, taille à vif dans notre suissitude. La chèvre, la croix blanche ou

Ági a opté pour la Suisse. Et c'est le Valais qui l'a adoptée. La jeune orfèvre hongroise, mariée à un Bramoisien depuis cinq ans, allie l'argent et la perle de verre filé pour faire naître ses pétillantes créations. Comme un indice que lui donnerait son destin d'Helvète, c'est cette année que la nationalité à croix blanche pourrait lui être attribuée, alors même qu'elle s'est lancée coeur et âme dans une collection débordante de suissitude.

Profusion d'Edelweiss, abondance de vaches tachetées, déluge de croix suisses: mille artifices à interpréter comme des liens d'affection avec un pays d'adoption qui aurait fini par stimuler la créativité de l'artiste.

«J'aime la croix, les edelweiss. J'aime le pain de seigle, le fromage d'alpage, les chèvres à Charly. Tu connais Charly?»

«J'aime les moutons nez-noir. N'oubliez pas de dire que j'aime les moutons nez-noir», insiste la créatrice d'Esztergom, avant de s'emballer, en un grand déballage: «J'aime les symboles suisses. Esthétiquement aussi. J'aime la croix, les edelweiss. J'aime le pain de seigle, le fromage d'alpage, les chèvres à Charly. Tu connais Charly? (n.d.l.r.: un propriétaire de chèvres au-dessus de chez Ági, à Haute-Nendaz). En fait, je crois que c'est le Valais qui m'a fait aimer la Suisse. Voilà, c'est ça. Je me sens Hongro-Valaisanne. Et tout ça, c'est en train de filer un sacré coup de blues à ma mère...»

Du car postal, une Suisse de carte postale

On l'aura compris, Ági Mezösi n'est donc pas descendante de Guillaume Tell uniquement dans ses rêves d'orfèvrerie, elle l'est autant dans le quotidien. Doux cliché au sommet de son irrésistible besoin d'Helvétisme: la créatrice prend le car postal tous les jours que Dieu fait pour se rendre au travail, de Haute-Nendaz à sa boutique en vieille ville de Sion. «Je n'ai pas le permis de conduire et je n'en veux pas. Le trajet en car, c'est mon petit moment de solitude. Tout m'inspire. Les paysages, la lumière.» Comme un souffle d'éternité, entre le klaxon à trois tons et les pinces parallèles à becs striés, les cisailles et les pinces coupantes qui l'attendent à l'atelier.

C'est donc peut-être dans les voitures jaune-poste centenaires que la collection suisse de cette année, baptisée «Heidi» (lire en page 3), aura puisé ses premiers relents de patriotisme. Car avant d'être orfèvre, Dieu sait qu'il faut se sentir artiste. Ce qu'on n'enseigne pas forcément dans les écoles d'orfèvres. «Le design, c'est venu tout seul. J'adore ça...»

Après le collège, Ági se lance dans l'orfèvrerie un peu par hasard. Elle choisit les métaux à l'Ecole d'arts appliqués de Budapest. Après cette formation de trois ans, l'Ecole d'orfèvrerie de la capitale hongroise - deux années supplémentaires - cédera le pas à trois ans de pratique dans une bijouterie de la ville. Une rencontre avec François, un Bramoisien exilé en Hongrie pour un an, poussera la jeune sculpteuse d'argent sur le chemin de l'alpe. «Ensuite, je me suis mariée avec Panchard (n.d.l.r.: François Panchard)», rit-elle sur un ton très valaisan, bien malgré elle.

Perlipop, mariage du verre et de l'argent

Une autre rencontre, avec la Valaisanne Cristina Philippoz qui file le verre en perle, donnera naissance à l'enseigne Perlimpinpin, genèse d'un alliage à succès entre le verre et l'argent. Une vague de fraîcheur qui déferlera sur toute la Suisse romande (lire en page 3).

«Petite, je voulais me marier avec un chocolatier»

Aujourd'hui, Ági Mezösi travaille seule sous le label Perlipop, mais s'est entourée des meilleurs verriers d'Europe pour faire de ses croquis des bijoux aux couleurs fruitées. Ainsi naquirent aussi ces pendentifs à vaches tachetées, ces bagues d'edelweiss perlées ou de coeurs à croix suisses qui composent la collection «Heidi» de la créatrice hongroise.

«En général, je fais des croquis pour les nouveaux modèles. Parfois, l'idée vient en travaillant l'argent. Je suis surtout à l'écoute des tendances. J'ai des amis qui travaillent dans la mode. Ils m'orientent sur les couleurs ou les tendances à venir, de même que les verriers avec qui je collabore ailleurs en Europe.»

Sur le plan de travail de son atelier-boutique de la rue de Conthey, où gisent mille et un poinçons et des déchets argentés, Ági continue de faire croustiller sa suissitude dans un va-et-vient de métal précieux, en riant. «Quand j'étais petite, je disais à ma soeur que plus tard j'épouserais le directeur d'une usine de chocolat. Aujourd'hui, elle me dit que mon voeu n'est pas loin d'avoir été exaucé....»

Ce soir, le car jaune centenaire ramènera Ági sur l'alpe. Plus près des chèvres à Charly. Plus près de cette Suisse sur le point de l'adopter, et que tous les jours elle transforme en bijoux.
Ági Mezösi Orfèvre
Née à Esztergom (Hongrie)
31 ans

Formation à l'Ecole d'arts appliqués de Budapest, puis à l'Ecole des métiers de Budapest dont elle obtient le diplôme d'orfèvre
Fondatrice de l'enseigne Perlipop
Etablie en Valais depuis 2000
«Heidi», l'amie du marketing
L'orfèvre sédunoise · va jusqu'à se mettre dans la peau de l'héroïne de Spyri.
Ági Mezosi a de plus suisse encore qu'elle joue à fond la carte du marketing alpestre. Suite logique à sa suissitude toute spontanée, la fondatrice de la marque Perlipop n'hé site pas à forcer le trait des clichés pour sa nouvelle collection, ce qui l'a amenée à se déguiser en Heidi pour en faire campagne.

«L'idée est venue naturellement. François (n.d.l.r.: son mari) avait dû faire quelques clichés pour l'Office du tourisme de Nendaz. J'ai servi de modèle pour poser avec des chèvres. C'est là que je me suis dit: il faut que je me déguise en Heidi. C'est exactement ce qu'il nous faut pour la collection. Je crois que le résultat est assez naturel.»
De «Femina» à «Marie-Claire»
Résultat: la collection du même nom se présente sous la bannière d'un diaporama plutôt champêtre qui rend la démarche cohérente.
Il faut dire qu'Ági Mezosi n'en est pas à son coup d'essai. Depuis les premiers bijoux sortis de l'atelier sédunois (sous l'enseigne Perlimpinpin tout d'abord, puis aujourd'hui sous le label Perlipop), la presse de mode n'est pas demeurée insensible à ses créations. De «Marie-Claire» à «Femina» en passant par «Edelweiss», «Seventh Sky Magazine» ainsi que la majorité des autres quotidiens de Suisse romande ont présenté ses collections à plusieurs reprises.
Des fleurs plein les doigts
L'orfèvre valaisanne travaille à la manière artisanale et fait appel aux meilleurs verriers d'Europe pour compléter ses créations.
Pour la collection «Heidi», elle a basé son travail sur les symboles qui font la Suisse: l'edelweiss, le chocolat, le fromage, les vaches à lait, la croix suisse («C'est techniquement superdifficile à réaliser pour un verrier»), rien n'a échappé à sa créativité. Compositions de perles de verre filé de Murano et d'argent, les symboles identitaires de l'Helvétie se déclinent aujourd'hui en colliers, bracelets, bagues, bijoux de pieds ou de tête. XF
nouvelliste juillet 2006